Fondation pour l’aide au protestantisme réformé
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Texte de l’année 2026 Apocalypse 21.1, 5
Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem (…) Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit : Écris; car ces paroles sont certaines et véritables.
« Quoi de neuf ? »
Depuis l’époque moderne, la nouveauté, le plus souvent associée au progrès, est connotée positivement. Notre société de surconsommation veut nous convaincre chaque jour de nous intéresser à ou d’acquérir la dernière nouveauté. Pourtant, la vitesse effrénée avec laquelle la nouveauté du jour chasse celle d’hier nourrit un sentiment d’instabilité, d’absence de repères et de désillusion qui fragilise la santé de nombre d’entre nous.
La situation était bien différente dans l’antiquité ou le milieu biblique. L’ancien, le traditionnel était gage de sécurité et vérité, le nouveau regardé avec scepticisme et synonyme de risque aventureux.
Le message du livre de l’Apocalypse, en particulier dans ses derniers chapitres, ne pouvait donc que frapper les sept communautés auxquelles il était destiné. Qu’est-ce que cette « nouveauté » qui ne doit pas nous inquiéter mais au contraire confirmer que les promesses anciennes sont toujours valides ? L’auteur veut rassurer : cette nouveauté n’est pas la falsification ni la suppression de l’ancien, mais son actualisation : Dieu qui a créé l’ancien l’accomplit de manière définitive. Non pas en retournant au jardin d’Eden ou en rétablissant le Temple. Mais en habitant avec et dans sa création, sa Ville et son peuple. En en prenant « possession » grâce son Fils. C’est lui et personne d’autre qui apporte la sécurité venant de Dieu.
À cette époque, l’Empereur romain avait fortement renforcé un culte divin autour de sa propre personne, le rendant obligatoire, mettant ainsi les communautés devant un dilemme : fallait-il obéir au nouveau dieu et suivre le mainstream social (dépenser de l’argent très souvent pour faire des offrandes), fallait-il refuser ostensiblement et risquer de gros ennuis ou pour le moins l’opprobre social ? fallait-il se faire discret, se retirer de la société et fuir ses labyrinthes sombres de pouvoir et de corruption ?
De manière subtile et codée pour des non chrétiens, l’auteur de l’Apocalypse utilise parfois dans son livre le terme de « tout-puissant » (pantocrator) pour qualifier le Christ. Il signifie ainsi un refus de l’autorité absolue de l’Empereur, pour lequel ce terme était strictement réservé. Il affirme avec force que seul le Dieu, le Père de ce Jésus crucifié par Rome mais ressuscité, est plus fort que l’Empire, à qui il prédit sa perte. Il donne un message de résistance et d’encouragement à des communautés chrétiennes dispersées, probablement maltraitées, numériquement faibles : ce n’est pas à l’Empire, à Rome qu’il faut s’orienter ou à qui faire confiance, mais à Jérusalem, là où le Christ est ressuscité des morts. C’est là qu’il reviendra, et non à Rome. Ne vous laissez pas endormir par les fausses nouveautés qui entendent vous dire comment être et vous dominer, mais restez proches de celui qui a reçu sa vie de Dieu et remettait en question la prétention de tout pouvoir à tout maîtriser, y compris la parole de Dieu.
Le message du Christ est un message d’alternative aux règles des pouvoirs qui nous gouvernent, que ce soit celles de l’économie, de l’idéologie politique ou de l’opinion publique dominante. La FAP se veut cette année encore fidèle à cette vision et encourage la mise en œuvre de cette nouveauté-là chez ses partenaires.
Serge Fornerod, pasteur
President